JULIEN MARINETTI

Julien Marinetti, un "iconoclaste bouillonnant"

La structure en art est nécessaire, car est artiste celui qui sait se l'approprier pour mieux s'en affranchir. Julien Marinetti est de ceux-là.

Des structures, Julien s'en est approprié. Peintre, sculteur, plasticien, il est tout à la fois créateur et destructeur. Son mot d'ordre ? Pas d'ordre. Une remise en question constante, un "syncrétisme artistique" nécessaire selon lui à sa création.

Le syncrétisme est une certaine idée de synthèse, un idéal d'abord religieux de rassembler les fidèles de confessions différentes dans une même église. Julien Marinetti, lui, rassemble les arts. Il peint des bronzes et sculpte des toiles, avec autant d'aisance qu'un Basquiat ou qu'un Picasso moderne et désabusé. 

De l'art d'en faire, sans trop en faire

Né en 1967, Julien Marinetti est un autodidacte. Autant cubiste que symboliste, aussi futuriste que surréaliste, les courants picturaux du 20ème siècle ont largement inspiré l'ensemble de son œuvre. Passionné de Picasso, il s'inspire de la philosophie du Maître pour construire et déconstruire ses pièces avec un doigté millimétré. 

Sa passion pour l'Histoire de l'Art de s'arrête pas à l'époque cubiste. Quiconque se penche sur le sujet -et Julien Marinetti y est expert- découvre assez vite qu'aucune période ne peut être comprise sans celle qui la précède. Du 20ème siècle, Marinetti aime ainsi remonter jusqu'à la Renaissance italienne, qu'il chérit tout particulièrement, et Michel-Ange trône dans son panthéon aux côtés de masques africains. Mais l'Histoire n'est pas la seule muse de l'artiste.

Ses inspirations, il les puise aussi dans ses rencontres, hétéroclites et toujours constructives. Il découvre d'abord le cinéma écrasant de Pier Paolo Pasolini, qui lui inspire une de ses premières expositions. Deleuze écrira de Pasolini qu'il pratique un "discours indirect libre". Cette liberté, cette idée d'une distance travaillée avec l’œuvre, Julien Marinetti la travaillera toujours. Il propose au public une œuvre plurielle, toute en nuance, à l'image de ses Doggy John.

Pourtant, cette série - qui révèlera l'artiste au grand public - ne vient qu'après sa rencontre avec Jean Dewasne, qui l'introduit à l'anti-sculpture, et modifie pour toujours son rapport à la surface. De là naît la tridimensionnalité qu'on lui connaît. Ajoutez à cela une fascination pour les Arts Premiers, et vous obtenez un artiste complet, capable de se réinventer en permanence pour proposer toujours une réflexion nouvelle sur l'art, son usage et son rapport au monde.